Chapitre 7 - Les convenances

Loi 75 Agréments entre partenaires (1997)

A. Agréments spéciaux entre partenaires

Les agréments spéciaux entre partenaires, explicites ou implicites, doivent être complètement et librement à la disposition des adversaires (voir Loi 40). Les informations fournies au partenaire grâce à de tels agréments doivent provenir des déclarations, du jeu et des caractéristiques de la donne en cours.

B. Violation des agréments entre partenaires

Un joueur a le droit d'enfreindre un agrément annoncé, tant que son partenaire l'ignore. Mais ce genre de violations habituelles au sein d'une paire peut créer des agréments implicites qui doivent être révélés.

Un joueur n'est pas obligé de révéler aux adversaires qu'il a violé un agrément annoncé.

Si ensuite les adversaires sont lésés, par exemple en en tirant une fausse inférence, ils n'ont pas droit à une rectification.

C. Réponse à des questions sur des agréments entre partenaires

En expliquant la signification d'une déclaration ou d'un jeu du partenaire en réponse à une question d'un adversaire (voir Loi 20), un joueur révélera toute information particulière qui lui a été transmise grâce à l'agrément entre partenaires ou à la connaissance du partenaire ; mais il n'a pas à révéler les inférences tirées de son savoir général et de son expérience.

D. Correction des erreurs d'explication

  1. Le joueur qui explique se rend compte de sa propre erreur

Si un joueur réalise par la suite que sa propre explication était fausse ou incomplète, il doit immédiatement appeler l'arbitre (qui appliquera la Loi 21 ou la Loi 40 C).

 2. Le partenaire du joueur qui a expliqué se rend compte de l'erreur

Un joueur dont le partenaire a fait une erreur d'explication n'est pas autorisé à corriger cette erreur avant le Passe final et ne doit pas indiquer par son comportement qu'une erreur a été faite. Le joueur de la défense n'est pas autorisé à rectifier cette erreur avant la fin du jeu.

Après avoir appelé l'arbitre à la première occasion légale (après le Passe final s'il devient déclarant ou mort et à la fin du jeu s'il devient joueur de la défense), le joueur doit informer ses adversaires qu'à son avis l'explication de son partenaire était erronée [*].

* Deux exemples peuvent clarifier les responsabilités des joueurs (et de l'arbitre) à la suite d'une explication trompeuse donnée aux adversaires. Dans les deux exemples suivants, Nord a ouvert d'un Sans-Atout et Sud, qui détient une main faible avec une longue à Carreau, a enchéri deux Carreaux dans l'intention de les jouer ; Nord explique cependant, en réponse à la demande de renseignement d'Ouest, que l'enchère de Sud est forte et artificielle, demandant les majeures.

 

EXEMPLE 1 : Erreur d'explication

L'actuel agrément entre partenaires est que deux Carreaux est naturel et arrêt ; l'erreur vient de l'explication de Nord. Cette explication est une infraction aux Lois, puisque Est-Ouest sont en droit d'avoir une description précise des agréments de Nord-Sud (quand cette infraction lèse Est-Ouest, l'arbitre attribuera une marque ajustée). Si Nord par la suite se rend compte de son erreur, il doit immédiatement en aviser l'arbitre. Sud ne doit rien faire pour corriger la fausse explication tant que les annonces continuent ; après le Passe final, Sud, s'il est déclarant ou mort, devrait appeler l'arbitre, et doit donner volontairement une correction d'explication. Si Sud devient joueur de la défense, il appelle l'arbitre et corrige l'explication à la fin du jeu.

 

EXEMPLE 2 : Erreur d'application

L'agrément entre partenaires est conforme à l'explication : deux Carreaux est fort et artificiel ; l'erreur était dans l'enchère de Sud. Là, il n'y a pas d'infraction à la Loi, puisque Est-Ouest ont reçu une description précise de l'agrément de Nord-Sud ; ils n'ont aucun droit à une description précise des mains de Nord-Sud (sans se préoccuper des dommages l'arbitre autorisera le maintien du résultat ; mais en l'absence d'évidence contraire, l'arbitre doit présumer qu'il s'agit plutôt d'une fausse explication que d'une fausse déclaration). Sud ne doit pas corriger l'explication de Nord (ni aviser l'arbitre) immédiatement, et n'a pas la responsabilité de le faire par la suite.

 

Dans les deux exemples, ayant entendu l'explication de Nord, Sud sait que sa propre enchère de deux Carreaux a été mal interprétée. Cette connaissance est "une information non autorisée" (voir Loi 16 A), donc Sud doit être attentif à ne pas fonder ses actions suivantes sur cette information (s'il le fait, l'arbitre attribuera une marque ajustée). Par exemple, si Nord réenchérit deux Sans Atout, Sud a l'information non autorisée que cette enchère dénie simplement la possession d'une majeure quatrième, mais la responsabilité de Sud est d'agir comme si Nord avait fait, en face d'une réponse faible, une tentative de manche montrant des valeurs maximales.